Un amour de Swann, de Proust

L’histoire :

Qui est Swann ? Charles Swann est un homme d’âge mûr, issu d’une famille juive de la moyenne bourgeoisie (agents de change), très esthète et cultivé, et qui fréquente les salons les plus huppés de la noblesse française. Bien que la plupart de ses relations le situent dans le grand monde, ses goûts sensuels le portent plutôt vers les femmes du peuple, ouvrières ou domestiques.
Un jour, Swann rencontre Odette de Crécy, une courtisane plus très jeune, et qu’il ne trouve pas très jolie, mais elle se montre charmante avec lui, et même un peu entreprenante, et elle finit par s’immiscer dans ses pensées. Pour être le plus souvent possible avec elle, il se fait inviter tous les soirs dans un salon parisien de la moyenne bourgeoisie, celui tenu par Monsieur et Madame Verdurin, dont il devient un habitué durant de nombreux mois et auquel il finit par prendre plaisir en dépit de tous les ridicules qu’il trouve à ce salon. Il faut dire que Madame Verdurin se pique de goûts artistiques raffinés et qu’elle a chaque soir, parmi ses « fidèles », un peintre et un pianiste. Grâce au pianiste, Swann et Odette découvrent la sonate du compositeur Vinteuil, une musique qui les enthousiasme tous les deux et qui devient bientôt un emblème de leur amour. (…)

Mon avis :
La manière dont naît et se développe le sentiment amoureux chez Swann est admirablement bien analysé et décrit : son amour passe en effet en l’espace de quelques années de la sécurité et du confort d’un amour réciproque aux affres et aux alertes d’un amour qui n’est plus partagé. De superbes pages sur la jalousie de Swann nous montrent un homme rongé par le soupçon et dont l’imagination cruelle lui présente des scènes tantôt effrayantes tantôt rassurantes, sur lesquelles il manque totalement de recul et d’esprit critique. Sa mémoire lui présente une Odette tantôt fourbe et égoïste, qui suscite sa colère et sa révolte, et tantôt charmante et pleine de bonté, qui lui donne envie de lui faire plaisir. Proust compare la jalousie et l’amour de Swann à une « maladie qui n’est plus opérable », tellement elle a pris d’ampleur.
Le Salon des Verdurin donne l’occasion d’une superbe galerie de portraits – tous très réussis et pleins d’humour – qui permet de se rendre compte à quel point Swann est décalé par rapport à ce monde petit bourgeois, et bien que lui-même ne s’en aperçoive pas car il est trop enthousiasmé et enivré par son amour pour Odette.
Odette, de son côté, se révèle être une femme sans beaucoup de scrupules, et sans beaucoup d’intelligence non plus ; elle profite du fait que Swann l’aime aveuglement pour vivre à sa guise sans trop se préoccuper de lui, et lui accorde au fur et à mesure des années de moins en moins d’importance et de moins en moins de rendez-vous.
J’ai beaucoup aimé ce roman, qui analyse les profondeurs du cœur avec une grande justesse, et qui m’a donné envie de lire la suite du tome 1.

Publicités
Poster un commentaire

2 Commentaires

  1. Je suis complètement d’accord! L’amour, décrit à merveille par Proust, est « décortiqué » dans ses plus infimes retranchements. En poursuivant la lecture, on retrouvera les tourments de l’amour…mais je n’en dis pas plus^^

    Réponse
    • Je viens de terminer la lecture du premier tome, avec « Nom de pays » – en effet les tourments de l’amour sont toujours présents avec la présence de Gilberte Swann : de très très jolies pages !

      Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :