Pauvre chose, un roman de Wataya Risa

Wataya-Risa-Pauvre-chose

L’histoire se déroule dans le Tokyo d’aujourd’hui. L’héroïne, Julie, est une jeune japonaise moderne et sensible, vendeuse de vêtements dans un grand magasin. Son petit ami, Ryûdai, vient d’inviter à vivre chez lui son ex, Akiyo, parce que, explique-t-il, elle vient de se retrouver sans emploi et sans logement, et qu’elle ne connait personne d’autre qui puisse l’aider. Cette situation perturbe au plus haut point Julie, qui ne comprend pas que l’on puisse héberger son ex. Mais elle essaye de comprendre, de se mettre à la place d’Akiyo. De plus, elle sait que Ryûdai et Akiyo ont passé plusieurs années aux Etats-Unis, où la culture n’est pas la même qu’au Japon, et où on héberge facilement des amis chez soi. Bien que tiraillée par la jalousie et le soupçon, Julie essaye de se montrer généreuse et plaint la pauvre Akiyo qui n’arrive pas à trouver du travail.

Mon avis : J’ai trouvé que la psychologie des personnages était extrêmement bien vue et bien décrite. On suit pas à pas les différentes étapes par lesquelles passe l’héroïne et on a l’impression de ressentir les mêmes choses qu’elle. Bien que je ne m’intéresse pas du tout à la mode, je n’ai pas trouvé ennuyeuses les réflexions de Julie au sujet de son métier de vendeuse et de sa passion pour les vêtements et la vente, d’autant plus qu’il y a parfois des rapprochements intéressants et subtils avec sa situation sentimentale. Ainsi, Julie remarque qu’à force de vanter certains produits aux clientes, elle finit par se convaincre elle-même des qualités de ces produits, et finit par avoir envie de les acheter, alors qu’elle les trouvait sans attrait à l’origine, ce qui lui fait penser que, peut-être, Ryûdai, à force de cohabiter avec son ex, finira par lui trouver des qualités.
J’ai trouvé que ce roman ne s’éparpillait pas, ne déviait jamais de son propos, et qu’on était entraîné dans une sorte de flux sans digressions, ce que j’ai apprécié. Il y a très peu de personnages secondaires, tout se concentrant sur le trio principal, et ces personnages secondaires n’interviennent que pour nourrir les réflexions de Julie sur sa situation de couple.
L’écriture est moderne, avec un vocabulaire jeune, mais tout de même très travaillée et maîtrisée.
J’ai bien aimé aussi les comparaisons que fait Julie entre la culture japonaise et la culture américaine, ça m’a appris des choses dont je ne me doutais pas.
Un livre à la fois subtil et vivant, que je retiens comme une bonne surprise de lecture !

Pauvre Chose a paru aux éditions Philippe Picquier en automne 2015, avec une traduction de Patrick Honnoré.

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