Des poèmes parus dans Décharge n°161

couv161Dans Décharge n°161 de mars 2014, j’ai retenu trois poèmes qui pourront vous donner un aperçu du climat poétique de cette revue.

Marilyse Leroux

Ta voix est cet espace
où tremble la fleur de rien

Elle pourra mourir
entre deux souffles
comme on pousse une porte
machinalement

Rien n’aura changé

L’air qui passe
est plus léger
que les mots

 

Denis Hamel

blues

La chair et le rêve marchent sur un même chemin
ce sont de vieux amis

en-dessous de la chair il y a le squelette
en-dessous du rêve il y a

une rivière de sang

dehors l’horrible soleil éclate de rire

quelques gouttes de parfum tombent dans la poussière

les femmes nues dans les magazines
appartiennent à une cité idéale

oh, moisissure du moi

je voudrais me coucher et ne plus jamais écrire

je voudrais

ne plus jamais être amoureux

 

Véronique Janzyk

5.

Garder les yeux
Ouverts
Le plus longtemps possible
Ouverts
Ne pas compter
Compter
Conduit à cligner
A accompagner
Les chiffres
De mouvements de paupières
Ne pas respirer non plus
Respirer conduit à cligner
Ne rien regarder
Parce que
regarder appelle respirer
C’est l’exercice
En apnée
De ne rien voir
De ne pas respirer
Et d’abolir le temps

 

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13 Commentaires

  1. « La chair et le rêve marchent sur un même chemin
    ce sont de vieux amis »… j’adore!

    Réponse
  2. Moi aussi, je trouve que ce sont nettement les vers les plus réussis de ce poème !
    J’aime bien également, dans le premier poème, « L’air qui passe\ est plus léger\ que les mots ».
    Bonne soirée Coquelicot 🙂

    Réponse
  3. Trois beaux poèmes. Vraiment.

    Réponse
  4. En tout cas ils m’ont touchée tous les trois, dans des styles différents.
    Bien sûr, c’est un choix subjectif …
    Merci Sibylline pour ton commentaire 🙂

    Réponse
  5. denis hamel

     /  3 avril 2014

    merci pour votre lecture.

    cela fait toujours plaisir de voir que ce que l’on a écrit a touché quelqu’un.

    les poèmes parus dans la revue feront partie d’une anthologie à paraître en septembre.

    bien amicalement

    -dh

    Réponse
  6. En effet, vos poèmes m’ont beaucoup touchée !
    Je suis très honorée d’avoir reçu votre visite sur ce blog et que vous ayez eu l’amabilité de laisser un commentaire.
    N’hésitez pas à me signaler le titre et l’éditeur de l’anthologie qui paraîtra en septembre.

    Bien amicalement

    MAB

    Réponse
  7. denis hamel

     /  3 avril 2014

    bonjour marie-anne

    l’anthologie s’appelle « le festin de fumée » et regroupe des poèmes écrits entre 1999 et 2013. cela devrait paraître aux éditions des vanneaux, si tout se passe bien, vers septembre. donnez-moi votre adresse mail et je vous enverrai une version de travail en fichier. -dh [joseph.curwan(at)gmail.com]

    Réponse
  8. Surprise pour moi, qui vous remercie de la découverte de votre blog ! Merci aussi d’avoir aimé mon poème : il figure dans mon dernier recueil « Le temps d’ici », paru en mars 2013 aux Éditons Rhubarbe. La poésie est la grande aventure de ma vie, je crois, même si j’écris aussi de la prose. Le nom de votre blog me rappelle une belle phrase de René Guy Cadou :  » J’écris pour des oreilles poilues, d’un amour obstiné qui saura bien, un jour, se faire entendre. » Merci aux yeux et aux oreilles ci-dessus qui partagent cet amour « plus grand que nous ».

    Réponse
    • Bonjour,

      Merci à vous pour votre visite et votre commentaire.
      Bien que mon blog ait une audience modeste, je tenais à diffuser votre poème, que j’ai beaucoup aimé.
      Je vais tâcher de me procurer « Le temps d’ici » aux éditions Rhubarbe, mon dernier recueil de poèmes est justement en lecture chez eux depuis quelques mois.
      Je ne savais pas que vous écriviez également de la prose, je suppose qu’il s’agit de romans ou de nouvelles.

      Réponse
      • Il s’agit de petites proses et de nouvelles. Deux viennent d’être publiées en mars : « Blanc bleu » chez Rhubarbe toujours, dans une veine autobiographique, et une autre, dans la veine humoristique « C’est pas demain la veille » dans la revue Étoiles d’encre (Éditions Chèvre Feuille étoilé). Les éditions Rhubarbe fêtent leurs dix ans et publient chaque mois une nouvelle, beau projet, belle réalisation, qui plaît. Ce mois-ci, c’est George-Olivier Châteaureynaud. Un maître ! Merci à vous pour cet échange. Je visiterai votre blog et le ferai tourner sur fb.

      • Je vais écrire à Rhubarbe pour obtenir leur catalogue et faire quelques commandes.
        C’est très aimable de vouloir faire connaître mon blog, merci !

  9. arbrealettres

     /  4 juin 2014

    oula! Un petit moment que je n’étais passé chez toi!
    Beaux poèmes comme on les aime, je vais citer ton blog si je les publie 😉
    Merci pour ton blog Marie-Anne 🙂

    Réponse
  10. Oui, c’est un plaisir de te retrouver ici 🙂
    Comme tu vois, depuis ton dernier passage, il y a eu pas mal de poésie sur laboucheaoreilles 🙂

    Réponse

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