Le miroir des courtisanes de Sawako Ariyoshi

miroir_courtisanesQuatrième de Couverture : A dix ans, Tomoko est vendue par sa mère à une maison de geishas. Sa beauté et son intelligence lui permettront d’échapper à la prostitution mais le monde « des saules et des fleurs » ne tardera pas à révéler l’impitoyable cruauté que dissimule son apparente frivolité. Ce superbe roman-fleuve est aussi une histoire d’amour, de haine et de jalousie entre une fille et sa mère ; deux destins croisés de femmes dans une société japonaise dominée par l’argent et le pouvoir des hommes. Mais il y a plusieurs romans dans Le Miroir des courtisanes, et la richesse des sujets traités concourt à en faire une œuvre d’une extrême densité dont les diverses facettes sont toutes traitées avec une égale justesse de ton. Tomoko, petite fille intelligente et malheureuse, femme-fleur attachante de droiture et d’authenticité, enfin femme mûre et obstinée dont la réussite sociale n’a pas durci le cœur, est l’héroïne la plus remarquable, la plus « vraie » des romans d’Ariyoshi Sawako, et ne peut que susciter la sympathie et l’admiration.

 

Mon Avis : La partie la plus intéressante de ce long roman est celle consacrée au monde des geishas : un monde parallèle à celui de la prostitution mais qui s’en distingue très nettement. La geisha reçoit en effet, dès sa plus tendre enfance, une éducation artistique très stricte – et même sévère – au cours de laquelle elle est formée à la musique et au chant, et où les patrons de la maison à laquelle elle appartient veillent jalousement sur sa virginité. C’est vers quinze ans qu’elle est déflorée, d’une manière tout à fait officielle, par un homme choisi pour sa position sociale et pour son expérience. A partir de là, elle devient officiellement geisha et un homme riche et puissant sert de protecteur à la jeune femme, et peut même l’entretenir durant de nombreuses années, mais elle est tenue de rembourser sa dette (le prix de son éducation) à la maison de geishas à laquelle elle appartient. Pour reconquérir sa liberté elle doit donc rembourser une somme très importante, et ne peut y parvenir que si elle tombe sur un protecteur très généreux et si elle est elle-même débrouillarde et travailleuse.
Un autre aspect intéressant du livre est la relation chaotique entre Tomoko et sa mère – une relation dans laquelle les sentiments les plus contradictoires sont mélangés – et je pense que beaucoup de lecteurs suivront avec intérêt et empathie cette relation forte entre une fille sensible et une mère aussi cruelle que fantasque.
Le troisième aspect intéressant du Miroir des courtisanes est son côté documentaire et historique : il fourmille effectivement d’une quantité impressionnante de détails sur les us et coutumes japonais au cours de la première moitié du 20è siècle. On trouvera par exemple de très nombreuses explications sur le port du kimono et les couleurs qui conviennent à chaque âge et à chaque situation, mais aussi sur les différents mets dégustés à la période du nouvel an, ou encore sur les soins de beauté que pouvaient utiliser les femmes (je pense par exemple à la coutume qui voulait que les vieilles femmes se passent de la laque noire sur les dents), et, d’une manière générale, j’ai eu la sensation d’être véritablement immergée dans le Japon des années 1920 jusque vers 1950.

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