Deux poèmes parus dans la revue Verso 153

J’ai eu le plaisir et l’honneur de voir trois de mes poèmes publiés dans la revue Verso numéro 153 (juin 2013), aussi j’en donne deux à lire aujourd’hui.

Identité 2

Comme elle est longue
la corvée d’être soi.

Je traîne mon coeur
comme un boulet.

Je suis un vieux chapeau
de prestidigitateur
d’où sort tantôt un lapin
tantôt une colombe,
à la surprise générale
mais pas à la mienne.

Je sais que je ne peux pas
changer de numéro
alors je change de spectateurs.

Plus on me connaît
moins je fais illusion.

*****

Et voici un poème-paysage :

Square, l’été

On n’est pas censé souffrir
des cris d’oiseaux

Le ciel écarquillé
n’a plus de regard

Le soleil se venge
des prunus sur les fleurs

Les pensées ont des mufles de bêtes

Un oiseau braille en morse
tellement
l’ombre des arbres est sourde

Un passant s’éloigne en poussière

Les pigeons célibataires
marchent au garde à vous

On est censé rire
Des enfants en larmes

Marie-Anne Bruch

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4 Commentaires

  1. Bravo, Marie-Anne. Verso est une belle revue à découvrir à chaque fois et Alain Wexler est également un poète à découvrir. Je vous (re)lirai dès que je recevrai le numéro. Amitiés.

    Réponse
    • Bonjour Fabrice, merci pour vos encouragements !
      Je compte écrire un autre article bientôt sur ce numéro de Verso, très beau et intéressant !
      Amitiés.

      Réponse
  2. Il n’y a peut-être pas de rapport direct, mais votre texte m’a fait penser au mien:
    « le banc au fond de l’allée »,
    et je vous le retransmets…

    Au fond de l’allée, il y a un banc
    C’est là, souvent, que je m’arrête , et attends

    Près d’une murette , recouverte de mousse
    Des parterres de fleurs, puis , une herbe douce

    Arrête-toi, au fond de ce jardin,
    Et que de nouveau, hier soit demain !

    Je revois ta silhouette, pleine de grâce
    Dans mon souvenir imprégnée, qui passe

    Et joue avec les cerisiers en fleurs
    L’ombre et la lumière, en fraîcheur

    Mais tu ne reviendras plus,… dans l’attente
    Je ne fais que compter , les heures lentes

    Invoquer les souvenirs, prendre tes mains
    Inverser le couplet et les refrains

    Remonter le cours du temps, et ses jours
    Qui imprimaient les pas, de l’amour

    C’est mon coeur, qu’il faudrait prendre à témoin
    A crier , pour te savoir vivante, même loin

    Il n’y a plus, dans ce jardin, que mes traces
    Et sur le sol, lentement s’aventure, une limace.

    RC – 14 avril 2012

    (http://ecritscrisdotcom.wordpress.com/2012/05/01/le-banc-au-fond-de-lallee-rc/)

    Réponse

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