Un beau poème de Philippe Jaccottet

jaccottet_poesie

Comme je suis un étranger dans notre vie,
je ne parle qu’à toi avec d’étranges mots,
parce que tu seras peut-être ma patrie,
mon printemps, nid de paille et de pluie aux rameaux,

ma ruche d’eau qui tremble à la pointe du jour,
ma naissante Douceur-dans-la-nuit… (Mais c’est l’heure
que les corps heureux s’enfouissent dans leur amour
avec des cris de joie, et une fille pleure

dans la cour froide.Et toi ? Tu n’es pas dans la ville,
tu ne marches pas à la rencontre des nuits,
c’est l’heure où seul avec ces paroles faciles

je me souviens d’une bouche réelle… ) Ô fruits
mûrs, source des chemins dorés, jardins de lierre,
je ne parle qu’à toi, mon absente, ma terre…

Ce beau sonnet sans titre est tiré du recueil L’effraie (1946-1950). Il me semble que c’était son premier recueil de poèmes, Philippe Jaccottet avait alors une petite vingtaine d’années.

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2 Commentaires

  1. arbrealettres

     /  26 mars 2013

    … déjà la « patte » du Poète 🙂

    Réponse
  2. Oui 🙂
    Je conseille vivement la lecture de ce recueil L’effraie, qui se trouve dans le livre de Poésie-Gallimard Poésie 1946-1967 ! C’est assez magique 🙂

    Réponse

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