Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès

Bernard-Marie Koltès avait été fasciné dans les années 80 par un fait divers sanglant, qui lui a inspiré cette pièce, écrite en 1988 et montée pour la première fois à Berlin en 1990.

Roberto Zucco a tué son père, il va tuer sa mère, violer une gamine, poignarder un policier et assassiner un enfant sous les yeux de sa mère.
Il se fait passer pour un agent secret, pour un étudiant, il voudrait être transparent, il aide les vieux messieurs perdus dans le métro à retrouver leur chemin, …
La gamine qu’il a violée est rejetée par sa famille parce qu’elle a perdu sa virginité, son frère la vend à un proxénète, elle veut retrouver Roberto Zucco, mais elle finira par le dénoncer à la police, …

Voilà une pièce bien décousue dont le sens global n’est absolument pas lisible.
Il n’y a pas de cohérence non plus dans les caractères des personnages et en particulier dans celui de Roberto Zucco – sorte de personnage désespéré, suicidaire, mythomane, dont on ne sait jamais les raisons pour lesquelles il tue.

Beaucoup de scènes sont d’une magnifique qualité littéraire, avec de longues tirades, parfois teintées d’un certain romantisme, bien que très contemporaines.

Il y a un grand décalage entre l’extrême violence des actes et le côté très écrit, très littéraire, du texte, et pour cette raison je me suis dit que la mise en scène de cette pièce devait jouer un grand rôle dans la manière dont elle était perçue.

Zucco – Je suis un garçon normal et raisonnable, monsieur. Je ne me suis jamais fait remarquer. M’auriez-vous remarqué si je ne m’étais pas assis à côté de vous ? J’ai toujours pensé que la meilleure manière de vivre tranquille était d’être aussi transparent qu’une vitre, comme un caméléon sur la pierre, passer à travers les murs, n’avoir ni couleur ni odeur ; que le regard des gens vous traverse et voie les gens derrière vous, comme si vous n’étiez pas là. C’est une rude tâche d’être transparent ; c’est un métier ; c’est un ancien, très ancien rêve d’être invisible. Je ne suis pas un héros. Les héros sont des criminels. Il n’y a pas de héros dont les habits ne soient trempés de sang, et le sang est la seule chose au monde qui ne puisse pas passer inaperçue. C’est la chose la plus visible du monde. Quand tout sera détruit, qu’un brouillard de fin du monde recouvrira la terre, il restera toujours les habits trempés de sang des héros. Moi, j’ai fait des études, j’ai été un bon élève. On ne revient pas en arrière quand on a pris l’habitude d’être un bon élève. Je suis inscrit à l’université. Sur les bancs de la Sorbonne, ma place est réservée, parmi d’autres bon élèves au milieu desquels je ne me fais pas remarquer.

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