La princesse et le pêcheur de Minh Tran Huy

Lam, une adolescente d’origine vietnamienne, rencontre lors d’un séjour linguistique en Angleterre, un vietnamien de son âge, Nam, réfugié en France depuis peu de temps. Elle est rapidement éprise de lui mais il ne voit en elle qu’une petite sœur. Une amitié solide se noue entre eux, pleine de non-dits. Malgré leurs origines vietnamiennes tout les sépare : elle est née en France dans un milieu privilégié, elle est douée pour les études, introvertie, alors que lui est un boat people, il vit dans une banlieue difficile, mène une existence chaotique et précaire, et est un garçon charmeur et affable.
Cette rencontre est l’occasion pour la jeune fille de s’interroger sur ses racines, de poser des questions à sa famille. Peu de mois après, elle fait un voyage au Vietnam avec ses parents et sa grand-mère, voyage qui répond à une partie seulement de ses interrogations, lui apportant surtout beaucoup d’éclaircissements historiques et culturels mais finalement peu de choses sur les sentiments de ses parents, qu’elle a du mal à se représenter.
Le récit est émaillé du début à la fin de contes et légendes vietnamiens, que l’adolescente recueille dans un carnet et qui sont tous d’une grande beauté – j’ai chaque fois ressenti beaucoup d’émotion à les lire.

Pendant les deux premiers tiers du roman j’ai trouvé que l’histoire trainait en longueur et que pas mal d’éléments étaient répétitifs : par ailleurs la construction de l’histoire est assez confuse et n’aide pas le lecteur à savoir s’il s’agit d’une réflexion sur les origines ou s’il s’agit d’une histoire d’amour qui peine à démarrer.
Et puis le dernier tiers trouve un rythme plus enlevé,  et la lecture devient plus facile.

J’ai assez apprécié ce livre – particulièrement pour les contes qu’il contient – mais la mise en place m’a semblé vraiment longue.

Extrait page 169 :

 » Quels qu’aient été les malheurs, tout s’apaise. Les blessés guérissent, quand bien même ils gardent une cicatrice de vingt centimètres de long. L’herbe reverdit, le soleil sèche la pluie et on balaie les ruines pour rebâtir sinon un palais, du moins une chaumière. Car bien sûr, rien ne vous est jamais totalement rendu. Retourner aux bonheurs d’autrefois est impossible, l’âge d’or demeure une idée, une chimère, un mensonge, la nostalgie, une impasse. Rien n’est ni ne redeviendra comme avant. Mais l’illusion est douce, qui surgit parfois lorsqu’on ne s’y attend pas, ou plus. »

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