La Mauvaise Rencontre de Philippe Grimbert

J’ai acheté La mauvaise rencontre de Philippe Grimbert tout à fait par hasard. En regardant la couverture et en lisant la première page, je m’étais figuré que ce serait un livre léger, quelque chose de charmant sur les souvenirs d’enfance, avec ce qu’il faut de nostalgie.
C’est loin d’être le cas : ce livre est très sombre, le thème de la mort est présent du début à la fin et il plane sans cesse un sentiment d’inquiétude.
L’histoire est celle de Mando et de Loup (le narrateur), deux garçons qui, dès le temps des bacs à sable, se lient d’une amitié fusionnelle. Cette amitié durera jusqu’à leur entrée à l’Université, Mando choisissant le Droit et Loup la Psychanalyse. A partir de là un gouffre se creuse entre eux, irrémédiable.
Le suspense est ménagé pendant tout le livre pour nous amener vers la révélation de ce gouffre, et j’ai d’ailleurs plutôt aimé la manière dont les chapitres étaient construits : l’auteur nous prévient de ce qui va se produire,  dans le chapitre suivant il change de sujet, puis il nous ramène au sujet sur lequel nous étions prévenus et que nous avions perdu de vue. Malgré la présence de pas mal d’indices, je n’avais pas imaginé la révélation finale.
Mais si ce livre m’a paru fort c’est moins pour son alternance d’effets d’annonces et d’effets de surprises que parce qu’il aborde le thème du double et de la ressemblance. Et je me suis posé pas mal de questions après l’avoir refermé :
Est-ce que partager les mêmes goûts, les mêmes idées, et avoir en plus une longue histoire commune suffit pour dire qu’on se ressemble ?
Est-ce qu’on ressemble à quelqu’un uniquement parce qu’on veut lui ressembler ?
Je me suis aussi demandé sur quels critères on pouvait bien choisir ses amis à l’âge de trois ou quatre ans, si c’était juste le hasard ou s’il y avait déjà des accords de personnalités.

J’ai lu d’autres critiques de ce livre, et elles mettent toutes beaucoup en relief la personnalité de Mando. Pour ma part, il m’a semblé que ce personnage était, si j’ose dire, logique avec lui-même.
Par contre le personnage du narrateur m’a paru vraiment trouble, ambigu, et je suis restée perplexe en voyant qu’il ne cherchait jamais à expliquer ses sentiments.
Et puis je me suis rendu compte que le livre était autobiographique (il est dédicacé “A mes fantômes”) et j’ai pensé que ça devait être une forme de pudeur.
En tout cas ce roman est assez fort, troublant, et on sent dedans beaucoup de vérité.

 

(Cet article a été publié pour la première fois sur le blog « laboucheaoreille » en février 2012).

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