Berthe Morisot au Musée Marmottan

La Psyché C’est une belle exposition qui a lieu actuellement au Musée Marmottan à Paris sur la peintre impressionniste Berthe Morisot (1841-1895).
Environ le tiers de son œuvre est exposée ici puisque l’artiste a peint 423 tableaux durant sa vie et que l’exposition en présente 150. Parmi ceux-ci, beaucoup de ses principaux chefs d’œuvre ( Au Bal, La Psyché, Autoportrait, Eugène Manet à l’île de Wight , …)

Berthe Morisot naît dans une famille de la haute bourgeoisie, son père est haut fonctionnaire, favorable aux arts.
A l’abri de tout souci financier pendant sa vie, elle aura peu le souci de vendre ses tableaux, et sera donc libre d’explorer les voies artistiques les moins conventionnelles. Sa fortune lui permettra également de soutenir ses amis impressionnistes, par exemple en finançant leurs expositions.

Berthe Morisot commence à étudier la peinture à l’âge de 16 ans, avec sa sœur Edma, elle aussi très douée.
Les femmes n’ont alors pas le droit de rentrer à l’École des Beaux-Arts ou dans une académie et les deux jeunes filles prennent des cours particuliers. Le grand paysagiste Camille Corot sera un de leurs professeurs.
Elles deviennent ensuite copistes au Louvre où elles perfectionnent leur technique au contact des maîtres anciens. C’est ainsi qu’elles rencontrent Édouard Manet qui, d’ailleurs, va prendre Berthe Morisot pour modèle dans plusieurs de ses tableaux, dont le fameux Balcon.
Les deux sœurs exposent pour la première fois au Salon de 1864 – amorce d’une reconnaissance officielle.
En 1869, sa sœur Edma se marie et abandonne la peinture : Berthe Morisot se retrouve seule. Elle vit mal cette séparation mais travaille toujours avec acharnement.

Eugène Manet et sa fille dans le jardin de BougivalDès le tout début des années 1870 elle rencontre le groupe impressionniste et elle participera à toutes leurs expositions – sauf une – de 1874 à 1886.
Renoir et Degas, notamment, seront ses amis fidèles jusqu’à la fin de sa vie.
Elle fréquente également des écrivains, dont Mallarmé, qui sera un ami proche.
Cette même année 1874 elle épouse le frère d’Édouard Manet, Eugène, qui non seulement ne l’empêche pas de peindre mais devient au contraire un soutien précieux.
Ils ont ensemble une fille, Julie, en 1878, qui sera dès sa plus tendre enfance le modèle favori de sa mère.

Ce sont d’ailleurs exclusivement des femmes qu’elle prend pour modèles (seule exception : son mari). En effet, à cette époque-là, une femme convenable ne peut pas rester seule avec un homme – une séance de pose n’est donc pas envisageable.

Pendant ces années Berthe Morisot continue à travailler avec acharnement. Ses tableaux, qui semblent à première vue très spontanés et comme pris sur le vif, sont en réalité le fruit de longues heures de travail, et la plupart de ses toiles sont précédées de nombreux dessins préparatoires.
Son mari Eugène meurt en 1892.
Berthe Morisot meurt d’une pneumonie à 54 ans, en 1895.

J’ai été intéressée par la grande diversité de styles de ses tableaux.

Ses premières toiles témoignent de ses recherches sur la transparence (tissus, voiles), elle utilise des couleurs aux reflets nacrés et, surtout, joue avec différentes nuances de blanc ( La Psyché cf illustration, Au Bal).

Puis sa touche semble devenir plus libre, plus nerveuse, dans des toiles où les couleurs vives et les teintes pastels s’entremêlent : chaque coup de pinceau est visible et bien marqué, rendant ce style très vivant, et donnant beaucoup de mouvement aux tableaux. Ce style est très adapté aux paysages (qui sont splendides) comme aux portraits en pleine nature (Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival, 1881, cf illustration)

Puis, dans ses grandes compositions – que j’ai moins appréciées – , comme Le Cerisier (cf illustration), les figures semblent moins naturelles, plus schématiques, et les couleurs sont aussi moins lumineuses.

Dans les dernières années de sa vie, elle explore en parallèle deux styles très différents et même quasiment opposés :
– Un style très flou, avec des formes à peine ébauchées et une touche semblable à des hachures.
– Un style beaucoup plus dessiné, avec un modelé très travaillé, la touche étant presque lisse. Un style peut-être influencé par celui de Renoir qui, lui aussi, s’éloignait de l’impressionnisme dans ces années 1890 et recherchait un art plus “solide”, plus construit.

Cette exposition dure jusqu’au 1er juillet 2012 et je me réjouis d’avoir eu l’occasion d’inaugurer ainsi une catégorie “Peinture” sur ce blog !

 

(Cet article était paru au mois de mai 2012 sur le blog La Bouche à Oreille)

Publicités
Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :