Oiseaux de Philippe Jaccottet

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OISEAUX

Flammes sans cesse changeant d’aire
qu’à peine on voit quand elles passent

Cris en mouvement dans l’espace

Peu ont la vision assez claire
pour chanter même dans la nuit

Et voici un autre poème de Jaccottet :

MONDE

Poids des pierres, des pensées

Songes et montagnes
n’ont pas même balance

Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l’intervalle

Un beau poème de Philippe Jaccottet

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Comme je suis un étranger dans notre vie,
je ne parle qu’à toi avec d’étranges mots,
parce que tu seras peut-être ma patrie,
mon printemps, nid de paille et de pluie aux rameaux,

ma ruche d’eau qui tremble à la pointe du jour,
ma naissante Douceur-dans-la-nuit… (Mais c’est l’heure
que les corps heureux s’enfouissent dans leur amour
avec des cris de joie, et une fille pleure

dans la cour froide.Et toi ? Tu n’es pas dans la ville,
tu ne marches pas à la rencontre des nuits,
c’est l’heure où seul avec ces paroles faciles

je me souviens d’une bouche réelle… ) Ô fruits
mûrs, source des chemins dorés, jardins de lierre,
je ne parle qu’à toi, mon absente, ma terre…

Ce beau sonnet sans titre est tiré du recueil L’effraie (1946-1950). Il me semble que c’était son premier recueil de poèmes, Philippe Jaccottet avait alors une petite vingtaine d’années.

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